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Les « signaux faibles » !

#25 - Un entretien de la bienveillance avec Segolène Chauffert-Yvart par Henri Lastenouse & Karine Lazimi Chouraqui de l'Académie The Alchemists


Crédit photos : Unsplash.com - Jakob Owens

Henri Lastenouse : si vous deviez dessiner la sortie de crise pour la (ou le) CEO d’une entreprise de votre secteur, à l’heure où la promesse d’une immunité vaccinale est promise pour le troisième trimestre 2021, quel devrait-être, selon vous, sa première décision ?


Anticipant une sortie de crise accélérée, je me fixerais deux priorités : un pilotage en circuit court et le suivi des ressources rares, pour les sécuriser et imaginer des alternatives ;

Dans mon secteur (streaming vidéo à la demande), j’implanterais des outils orientés sur les nouvelles tendances et les « signaux faibles » afin de réévaluer les cibles, les achats de programmes et les canaux de distribution performants.

En RH, je sécuriserais les potentiels et les talents chez les équipes de créatifs et IT.

Enfin, je renforcerais le développement international dans les pays dotés d’une capacité reconnue pour maitriser la pandémie et la logistique vaccination.


Karine Lazimi Chouraqui : quelles sont les mutations dans l’organisation du travail imposées par la pandémie depuis plus d’un an qu’il faut maintenant pérenniser au sein de l’entreprise ?


Les enquêtes indiquent qu’à 60% les français se projettent sur un mix présentiel – télétravail et se sont familiarisés avec la visioconférence.

L’enjeu majeur est de rendre compatibles les tryptiques rentabilité – productivité – culture d’entreprise (employeur) et recherche de sens – bien-être au travail – vie familiale (salariés).

Le budget « bureaux » sera revu à la baisse et celui des outils de mobilité à la hausse.

A l’international, les politiques de répartition des tâches, de voyages et de normes de sécurité et sanitaires seront réorientées.

A moyen terme, l’entreprise envisagera de former ses équipes au principe de l’incertitude et leur fournira des outils pour s’adapter et réagir en environnement instable.


Henri Lastenouse : cette pandémie a surtout mis en évidence nos fragilités face aux mutations, notre capacité insuffisante à nous adapter... comment ne pas se tromper, anticiper, sur quoi agir pour conjuguer court et moyen terme, au moment de choisir un cap pour le monde d’après ?


L’appréhension du futur va se complexifier : les budgets et plans d’action, enrichis de faisceaux de réflexion, permettront d’imaginer des futurs possibles et d’ouvrir une large place à l’imprévu, à l’impondérable voire à l’improbable.

Encourager ses équipes à penser l’impensable à travers de légers « frémissements » (les « signaux faibles ») pourrait devenir une discipline à part entière. La culture d’entreprise en sera imprégnée : elle sera alors capable de concevoir des stratégies « défensives et proactives » en circuit court en cas de circonstances exceptionnelles.


Equipe de publication : Henri Lastenouse et Karine Lazimi Chouraqui


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