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Femmes & Avenir L’Avenir avec un grand ELLES : une vision globale et stratégique de la RSE

#46 - Coup de coeur by The Alchemists


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Illustrations & conception graphique : Marc Thurnherr

A l’heure où la course à l’espace est plus que jamais relancée, où la NASA baptise sa prochaine mission lunaire 2024 Artemis (sœur jumelle d’Apollo) et se félicite que « la première femme sur la Lune soit une américaine », Angélique Gasmi, elle, garde bien les pieds sur terre. Décidée à prolonger sa contribution pour améliorer notre planète, elle anime, avec un groupe de dirigeants d’entreprises, le Fonds Femmes & Avenir reconnu d’utilité publique. Initié en mars 2021, Femmes & Avenir lance son premier programme baptisé « l’Avenir avec un grand ELLES » à destination des entreprises. Ce programme conduit une action de prévention et d’accompagnement pour partager la situation de ces femmes et travailler avec détermination afin de parvenir à lutter collectivement contre la précarité qui les affecte ainsi que leurs enfants. Pour autant, si le Fonds s’appelle Fonds Femmes & Avenir, il n’exclut pas les hommes de son périmètre d’action.


The Alchemists: On vous savait animée depuis longtemps par l’engagement collectif, les valeurs sociétales et environnementales avec le collectif Génie de l’Habitat, qu’est-ce qui vous pousse aujourd’hui à prendre la direction générale de Femmes & Avenir ?

Angélique Gasmi: « Depuis que je suis en activité, j’ai souvent opéré dans des projets publics/privés, avec des leaders visionnaires. Aujourd’hui ce qui m’anime, c’est la même dynamique : il existe des convergences entre transition écologique, égalité hommes- femmes et qualité de vie au travail. C’est aussi cette vision qui a décidé les dirigeants de grands groupes, ETI, PME, à se rassembler avec moi pour initier Fonds Femmes et Avenir pour porter un nouveau projet et venir en aide aux familles monoparentales, et lutter ainsi contre les inégalités de destin.

On se retrouve devant une tendance à la "monoparentalisation", qui concerne tout le monde. Or, la réalité et la situation de ces parents salariés sont trop peu connues par les employeurs. En France, les familles monoparentales représentent 25% des foyers français. 3 millions de parents qui élèvent seuls 4 millions d’enfants. Les mères seules constituent 85 % des familles monoparentales.

La monoparentalité participe à produire une plus grande fragilité des femmes dans les entreprises et sur le marché du travail, pour réussir au mieux un processus d’intégration socioprofessionnelle. Les employeurs ne peuvent pas identifier ces parents pour les aider. Fonds Femmes & Avenir agit comme un tiers de confiance en proposant aux entreprises partenaires un service d’accompagnement pour leurs salariés qui pourraient faire face à des difficultés liées à la monoparentalité. Nous agissons avec des partenaires reconnus. Notre action collective et solidaire permet d'allier nos expertises, nos connaissances et nos moyens pour aider ces femmes (et ces hommes) et leur offrir une réponse concrète et durable. Nous invitons toutes les entreprises à rejoindre notre initiative pour s’inscrire dans une ambition collective de lutte contre la précarité de ces femmes et leurs enfants. On ne peut pas traiter le sujet écologique à part, il faut avoir une vraie vision, et pour nous la vision maintenant, c’est se concentrer sur ce sujet de la RSE, la responsabilité sociale et économique de l’entreprise, en lien avec la responsabilité sociale et politique au niveau national. »


The Alchemists: Alors que la monoparentalité explose, on sait qu’elle rime souvent avec précarité. En France, un certain nombre de dispositifs publics et associatifs sont déployés en direction des parents célibataires, principalement des femmes en difficulté, en situation d’exclusion, à qui l’on apporte un soutien sous forme d’aides sociales, accompagnement, conseil, formation, réinsertion...

En quoi cette précarité concerne-t-elle l’entreprise et en quoi Femmes & Avenir contribue – t-elle à l’égalité des chances ?


Angélique Gasmi: « Ces salariés (oui majoritairement des femmes, mais il y a des hommes aussi) se trouvent très souvent invisibles et dans la difficulté, confrontés à un combat permanent pour assurer l’éducation de leurs enfants, sécuriser leur famille, et dans une grande difficulté à concilier vie familiale et professionnelle. Et si on ne s’intéresse pas à eux, si on ne met pas en place des dispositifs d’aide, au mieux ces femmes limitent leur carrière, quand elles ne vont dans la détresse en occupant des emplois précaires, ou très souvent, en sortant de l’entreprise pour se retrouver rapidement dans la pauvreté. Il y a aussi leurs enfants, qui se trouvent souvent dans la souffrance - la leur et celle de voir leur parent en difficulté, qui peuvent se sentir isolés, être livrés à eux-mêmes avec un parent trop occupé, se trouver face à des difficultés scolaires, voir leurs ambitions se limiter, ou même développer des difficultés relationnelles... Et si l’on met en lien ces éléments, on comprend l’évidence de l’engagement de l’entreprise dans cette problématique : on a d’un côté des talents qui se limitent, des aspirations et des carrières qui se brisent ou se mettent en veille, et de l’autre côté des entreprises qui font face à une pénurie de talents et l’absolue nécessité d’évoluer vers des modes de fonctionnement qui orchestrent l’intelligence collective.


On vit une époque qui bouge, c’est le nouveau monde qui se met en place, et cette nouvelle époque a ses aspirations, ses codes qui inspirent les jeunes et les moins jeunes, qui inspirent les femmes, qui inspirent les hommes. L’égalité homme-femme, le développement des futurs talents et des futurs consommateurs, obligent l’entreprise à traiter ces sujets en aidant ces mères à y trouver un environnement adapté. Elle doit proposer des services innovants qui permettent à ces femmes et à ces jeunes, qui sont déterminés et motivés, d’œuvrer effectivement pour un monde équilibré : il faut leur donner leur vraie place et les outils adaptés. »


The Alchemists: Les salariés qui assument seuls la charge de leurs enfants ont bien souvent recours au bon vouloir de leur employeur et de leur entourage pour organiser leur vie professionnelle. D’autre part on a vu depuis plusieurs décennies les lois être votées pour l’égalité dans l’entreprise, récemment celles relatives à la parité dans la gouvernance et management, qu’en pensez-vous ?


Angélique Gasmi: « Oui, les lois sur l’égalité femme-homme sont en constante révision. Notre projet s’inscrit en cohérence avec ces lois, qui restent appliquées différemment selon les moyens que leur accordent les entreprises. Une proposition est à l’étude, qui vise une meilleure articulation des vies professionnelles et personnelles, en mettant en avant par exemple les modes de garde et l’aménagement du temps de travail. Et là, on voit que tout le monde pourra y gagner.

Si les parents célibataires sont pris en compte, l’ensemble des salariés se trouvera concerné par le projet et l’offre de services proposés. L’entreprise est donc légitime à agir au regard de l’ampleur du phénomène et de sa responsabilité sociale. La réponse qu’elle fournit s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de Qualité de Vie au Travail. Améliorer la vie de leurs salariés parents seuls permet d’améliorer la santé au travail.

Le fonds Femmes & Avenir permettra aux entreprises de mieux appréhender les réalités de ces parents qui demeurent trop peu connues, d’anticiper l’évolution de la monoparentalité et enfin d’offrir aux salariés un accès permanent à un interlocuteur agissant en pleine confiance pour leur apporter une vraie aide et une cellule d’écoute et d’accompagnement.»


The Alchemists: Chers lecteurs, lutter contre la précarité qui affecte les mères et les pères, c’est bien l’ambition de Femmes & Avenir. Et lorsque l’on baptise son programme « L’Avenir avec un grand ELLES », avec une stratégie qui repose sur une vision audacieuse autant que généreuse, attachée aux actions opérationnelles, portée par un collectif et représentée par une femme à la gracieuse détermination, on apporte la preuve que viser la lune, c’est aussi agir sur notre planète pour travailler au « nouveau monde » !



Equipe de publication : Henri Lastenouse et Karine Lazimi Chouraqui

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